Sur l'ensemble du territoire bas-normand, le service public d'élimination des déchets gère chaque année plus de déchets. Si la répartition des flux montre un effort de tri croissant des usagers, des leviers d'optimisation sont encore envisageables.
L'une des clés de l'optimisation consiste en une réduction des flux pris en charge par le service public par le biais :
Pour diminuer la production de déchets de chaque citoyen, une sensibilisation à l'achat "éco-responsable" est envisageable. Valable pour tout achat, cette démarche vise à privilégier le produit qui générera le moins de déchets possible : produit réutilisable, absence d'emballage, éco-recharge, grande contenance, recyclabilité des emballages...
Pour le jardin, une haie d'arbres et d'arbustes locaux à pousse lente fera plus d'effet qu'une rangée de "thuyas" tout en limitant le volume des tailles et en accroissant la biodiversité.
Si une partie des déchets produits par les ménages doit être exportée vers le service public pour suivre une filière de traitement adaptée, les déchets organiques issus de la cuisine (préparation et restes de repas) ou de l'entretien du jardin peuvent être gérés à domicile par les particuliers.
Ainsi, la pratique du compostage en fond de jardin permet de fabriquer un amendement naturel pour le potager, le jardin d'ornement, les plates-bandes ou les jardinières. Un catalogue des matériels de compostage domestique (petits broyeurs, composteurs individuels...) est en ligne sur le site pour faciliter le choix du particulier.
Indépendamment du compostage, des techniques alternatives de gestion des déchets d'espaces verts dont il convient de faire la promotion, permettent également de réduire les flux présentés au service public : paillage, mulching, tonte intensive, séchage solaire...
L'optimisation technique, économique et environnementale passe aussi par la rationalisation des services de collecte.
La démultiplication des collectes (en nature et en quantité) appelle souvent des flux et va à l'encontre d'une politique de gestion domestique des déchets organiques en particulier. Il est ainsi envisageable de limiter les collectes d'encombrants à 1 ou 2 passages par an, de contraindre à l'apport en déchèterie ou à la gestion domestique pour les déchets verts, de réduire la fréquence de collecte des ordures ménagères résiduelles... Ces actions permettent de limiter le nombre de camions sur les routes et les coûts induits, et de responsabiliser le producteur de déchets qui sera amené à mieux trier pour optimiser ses volumes de stockage.
Cette adéquation permet de privilégier le tri à la source des recyclables ou des encombrants. Il est nécessaire de tenir compte des avancées technologiques permettant de mieux valoriser de nouveaux flux dans le respect de l'environnement et des personnes.
Rappelons que des campagnes de communication régulières sont indispensables pour accompagner toute modification des consignes de tri, pour expliquer les motivations du changement et maintenir le geste de tri.
Les efforts de valorisation ont essentiellement porté ces dernières années sur les recyclables secs (journaux/magazines, verre, acier, aluminium, papier carton, plastique) produits par les ménages qui peuvent, après un tri adapté, être utilisés comme matières premières secondaires.
Parallèlement, le compostage des déchets verts a fortement progressé. Il permet ainsi de fabriquer un amendement organique de qualité à partir de résidus urbains.
Enfin, la mise aux normes des usines d'incinération a constitué un moteur pour encourager la valorisation énergétique de la fraction résiduelle.
Malgré cela, près de la moitié des déchets sont encore stockés en France. Pourtant, la poubelle grise est constituée à plus de 50% de déchets fermentescibles (déchets de cuisine, petits déchets de jardin, papiers et cartons souillés, textiles sanitaires...) susceptibles d'être valorisés.
Le tri préalable à cette valorisation peut être envisagé par le biais :
Rappelons que le Grenelle de l'Environnement préconise un taux de valorisation des déchets ambitieux que seules ces solutions alternatives permettent d'atteindre.
Si l'optimisation des services passe généralement par des aménagements techniques, le mode de financement a également son rôle à jouer.
L'introduction d'une part incitative dans les dispositifs de financements actuels que sont la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères ou la Redevance d'Enlèvement des Ordures Ménagères, peut aussi permettre de réduire les flux de déchets résiduels en incitant au tri et à la valorisation.
Ces possibilités doivent cependant être analysées au cas par cas en tenant compte des évolutions législatives attendues suite au Grenelle de l'Environnement.